Les acheteurs français reviennent sur le marché immobilier israélien : la nouvelle carte de leurs achats en 2026

Les acheteurs français en Israël ont nettement renforcé leur présence au début de l’année 2026. Au premier trimestre, les non-résidents possédant un passeport français ont acheté 130 logements, contre 84 pendant la même période de 2025. La hausse atteint ainsi près de 55 % en un an. Elle intervient pourtant dans un marché israélien ralenti, où le nombre total de transactions a reculé de 10 % sur la même période.

Ce contraste mérite une lecture plus précise. Il ne s’agit pas d’une vague massive capable de transformer seule le marché national. Les volumes restent limités. En revanche, la progression est suffisamment forte pour révéler une évolution réelle du comportement des acheteurs français. Leur poids augmente parmi les acquéreurs étrangers et leur géographie se redessine. Netanya reprend la première place, Jérusalem et Tel-Aviv progressent, Bat Yam apparaît plus clairement, tandis qu’Ashdod ne retrouve pas encore son rôle historique.

Pour la première fois, le ministère israélien des Finances a publié une ventilation des acquisitions de non-résidents selon le pays d’émission du passeport. Cette nouvelle donnée permet d’observer le marché français avec davantage de précision et d’éviter les impressions générales.

Un retour mesurable dans un marché pourtant ralenti

Le premier élément marquant est le décalage entre l’activité française et l’ensemble du marché. Selon le Bureau central des statistiques israélien, environ 22 350 logements ont été vendus en Israël entre janvier et mars 2026. Ce total représente une baisse de 10 % par rapport au premier trimestre 2025.

Dans le détail, 8 110 logements neufs ont été vendus, soit 36,3 % des transactions. Les ventes de logements neufs ont reculé de 13,3 % sur un an. Le marché de la seconde main a représenté 14 240 ventes, en baisse de 8,1 %.

Dans ce contexte, les achats des non-résidents ont suivi une trajectoire différente. Le rapport de l’économiste en chef du ministère des Finances recense 487 acquisitions étrangères au premier trimestre 2026, contre 413 un an auparavant. La progression atteint environ 18 %.

La hausse française est trois fois plus rapide. Les acquisitions réalisées par des détenteurs d’un passeport français sont passées de 84 à 130 logements. Cela représente 46 achats supplémentaires et une progression exacte de 54,8 %.

Les volumes étrangers restent modestes à l’échelle des 22 350 transactions nationales. Leur importance se mesure surtout dans certains quartiers, certaines villes et certains segments de prix. Un nombre limité d’acheteurs peut devenir visible lorsqu’il se concentre sur des biens récents, bien situés ou adaptés à une résidence secondaire.

La France devient le deuxième marché étranger

La progression française modifie également la composition des achats étrangers. Les Américains restent les premiers acquéreurs non-résidents. Ils ont acheté 238 logements au premier trimestre 2026, contre 248 un an plus tôt. Leur part est passée de 60 % à 49 % des achats étrangers.

Les Français occupent désormais la deuxième place. Avec 130 transactions, ils représentent 26,7 % des acquisitions de non-résidents, contre environ 20 % au premier trimestre 2025.

Les Britanniques suivent la même dynamique. Leurs achats sont passés de 37 à 57 logements, soit une hausse d’environ 54 %. À elles seules, les clientèles américaine, française et britannique concentrent 87 % des acquisitions étrangères recensées au premier trimestre. Le Canada arrive ensuite avec 16 transactions, devant l’Australie avec 10.

Ces données ne montrent donc pas un retour uniforme de tous les acheteurs étrangers. Elles révèlent plutôt une recomposition. La demande américaine recule légèrement, tandis que les clientèles française et britannique progressent fortement.

Le change peut expliquer une partie de cet écart. Sur la période étudiée par le ministère des Finances, le dollar s’est déprécié de 13,6 % face au shekel, contre environ 4 % pour l’euro. L’augmentation du coût d’acquisition en monnaie d’origine a donc été beaucoup plus forte pour les Américains. Ce facteur n’explique pas tout, mais il a probablement pesé sur leur capacité de décision.

Netanya reprend la première place

Netanya est la ville qui concentre le plus grand nombre d’achats français au premier trimestre 2026. Les détenteurs d’un passeport français y ont acquis 35 logements, contre seulement 8 au premier trimestre 2025.

La progression atteint 337,5 % en un an. Aucun autre marché français ne connaît une hausse comparable en nombre relatif.

Ce retour intervient dans une période d’activité soutenue à l’échelle de la ville. Entre janvier et mars 2026, Netanya a enregistré 575 ventes de logements neufs et 412 transactions dans la seconde main. Les ventes de logements neufs ont plus que doublé par rapport aux trois derniers mois de 2025, avec une progression de 114,6 %.

Ces chiffres ne signifient pas que les Français achètent tous le même type d’appartement. Le rapport ne précise ni les surfaces, ni le nombre de pièces, ni la proximité avec la mer. Il montre cependant que Netanya redevient le premier point d’entrée de la demande française.

Cette position peut s’expliquer par une combinaison de facteurs. La ville offre plusieurs marchés résidentiels, du centre ancien aux quartiers côtiers plus récents. Elle permet également d’envisager des usages différents : résidence principale, préparation d’Alya, logement familial ou résidence secondaire. Cette diversité semble mieux correspondre à la dispersion actuelle des budgets français.

Jérusalem et Tel-Aviv progressent selon deux logiques différentes

Jérusalem et Tel-Aviv arrivent à égalité, avec 28 achats français chacune au premier trimestre 2026.

À Jérusalem, les acquisitions françaises étaient de 21 logements un an auparavant. La progression atteint donc 33,3 %. À Tel-Aviv, elles sont passées de 16 à 28, soit une hausse de 75 %.

L’égalité des volumes masque toutefois deux marchés très différents.

Jérusalem reste le centre principal de la demande étrangère en Israël, surtout pour les Américains. Ces derniers y ont acheté 125 logements au premier trimestre, soit 52,5 % de tous leurs achats dans le pays. Le prix médian de leurs acquisitions à Jérusalem atteignait 5,1 millions de shekels. Environ 60 % de ces achats concernaient des logements neufs, avec un prix médian de 5,95 millions de shekels. Dans la seconde main, la médiane s’établissait à 4,2 millions.

Le profil français est moins concentré sur Jérusalem et plus réparti entre plusieurs villes. Cette différence est importante. L’achat français ne repose pas exclusivement sur le prestige ou la dimension identitaire de la capitale. Il s’inscrit dans une comparaison plus large entre budgets, usages et marchés locaux.

À Tel-Aviv, les Français sont devenus plus présents que les Américains. Le rapport ne recense que 10 achats américains dans la ville, contre 28 acquisitions françaises. Le prix médian payé par les Français à Tel-Aviv atteignait 5 millions de shekels.

Ce montant confirme que Tel-Aviv reste un marché à part. Le budget français moyen à l’échelle nationale est nettement inférieur, mais les acquéreurs qui choisissent Tel-Aviv interviennent sur un segment plus élevé. La ville répond donc à une stratégie différente de celle observée à Netanya ou Bat Yam.

Bat Yam apparaît, Ashdod ne redémarre pas encore

Bat Yam constitue l’autre évolution notable du trimestre. Les Français y ont acheté 12 logements, contre 7 un an auparavant. La progression atteint 71,4 %.

Le volume reste limité, mais il place désormais Bat Yam devant Ashdod. Cette évolution mérite d’être suivie, car la ville se situe dans le prolongement immédiat de Tel-Aviv tout en proposant une structure de prix différente. Son développement résidentiel, son littoral et sa connexion avec le sud de la métropole peuvent élargir les choix des acquéreurs qui ne souhaitent pas supporter les niveaux de prix de Tel-Aviv.

À l’inverse, Ashdod n’a enregistré que cinq achats français au premier trimestre 2026. Le chiffre est identique à celui du premier trimestre 2025.

Cette stabilité est significative. Ashdod reste fortement associée à la population francophone, mais cette proximité culturelle ne suffit plus à en faire automatiquement la première destination immobilière des Français. Les décisions semblent aujourd’hui davantage réparties entre plusieurs villes.

Hadera complète les principales destinations identifiées dans le rapport, avec trois achats français, contre quatre un an auparavant. Au total, Netanya, Jérusalem, Tel-Aviv, Bat Yam, Ashdod et Hadera concentrent 111 des 130 acquisitions françaises du trimestre. Les 19 transactions restantes sont réparties dans d’autres villes.

Un budget moyen de 2,8 millions de shekels

Le niveau de prix constitue l’un des enseignements les plus utiles de l’étude. Selon le ministère des Finances, le prix moyen des logements achetés par les Français au premier trimestre 2026 s’établit à 2,8 millions de shekels.

Ce montant place les acheteurs français sur des segments plus accessibles que les Américains. Il reste cependant une moyenne nationale. Il ne correspond pas à un budget uniforme et ne doit pas être utilisé comme une référence de prix pour toutes les villes.

Le contraste avec Tel-Aviv l’illustre clairement. Dans cette ville, le prix médian des acquisitions françaises atteint 5 millions de shekels, soit près du double de la moyenne nationale française. À Netanya, Bat Yam, Ashdod ou dans d’autres villes, les transactions se situent nécessairement sur des niveaux différents pour ramener la moyenne globale à 2,8 millions.

Cette dispersion suggère que la demande française ne se limite plus au marché du luxe. Elle couvre désormais plusieurs stratégies patrimoniales. Certains acheteurs recherchent un appartement destiné à une installation future. D’autres privilégient une résidence secondaire, un actif locatif ou un logement pour leurs enfants.

Le chiffre moyen ne renseigne toutefois ni sur l’apport, ni sur le recours au crédit, ni sur le calendrier de paiement. Deux acquisitions réalisées au même prix peuvent reposer sur des situations financières entièrement différentes. C’est particulièrement vrai pour les non-résidents, dont les revenus, l’épargne et le patrimoine restent souvent situés en France.

Immobilier et Alya progressent dans la même direction

La hausse des acquisitions immobilières françaises intervient parallèlement à une accélération de l’Alya depuis la France. Les deux mouvements ne doivent pas être confondus, mais leur évolution commune est significative.

Selon les chiffres communiqués par le ministère israélien de l’Immigration, 3 357 personnes ont fait leur Alya depuis la France en 2025, contre 1 097 en 2023. Le nombre a donc plus que triplé en deux ans.

La progression se poursuit en 2026. Au début du mois de juillet, 790 nouveaux immigrants étaient arrivés de France depuis le début de l’année, contre 690 à la même période de 2025. Près de 2 500 Français avaient également ouvert un dossier d’Alya depuis janvier, soit une hausse de 30 %. L’ouverture d’un dossier ne débouche pas toujours sur un départ, mais elle mesure un niveau de préparation et d’intérêt plus élevé. Ces chiffres ont été publiés le 7 juillet 2026.

L’achat immobilier peut intervenir à plusieurs étapes de ce parcours. Il peut précéder une installation de plusieurs années, accompagner une décision déjà prise ou simplement créer un point d’ancrage en Israël.

Cette diversité explique pourquoi il serait réducteur d’assimiler chaque acheteur français à un futur nouvel immigrant. Le rapport immobilier mesure des acquisitions. Il ne précise ni la résidence future, ni la date d’installation, ni l’usage prévu du logement.

Ce que les chiffres ne disent pas encore

La nouvelle analyse du ministère des Finances apporte une information précieuse, mais elle comporte des limites.

La classification par pays repose sur le lieu d’émission du passeport. Le traitement n’est pas encore automatisé. Les services du ministère ont identifié les nationalités en examinant les contrats de vente, lorsque l’information y figurait. C’est pour cette raison que la comparaison est limitée aux premiers trimestres 2025 et 2026.

Le rapport ne distingue pas les achats destinés à l’habitation, à la location ou à une résidence secondaire. Il ne précise pas non plus les surfaces, les quartiers, le mode de financement ou la durée prévue de détention.

Enfin, 130 acquisitions ne constituent pas une vague nationale. Elles représentent néanmoins une augmentation suffisamment forte pour signaler un changement. Le retour français est réel, mais il reste sélectif.

Cette nuance est essentielle. Les acheteurs français ne reviennent pas indistinctement sur tout le marché israélien. Ils se positionnent dans quelques villes et sur plusieurs niveaux de prix. Ils semblent également comparer davantage les usages et les alternatives.

Une nouvelle carte immobilière française se dessine

Les données du premier trimestre 2026 décrivent finalement quatre marchés français.

Netanya devient le premier marché en volume, avec une reprise très nette. Jérusalem conserve une dimension identitaire et patrimoniale forte. Tel-Aviv attire moins d’acheteurs, mais avec des budgets nettement plus élevés. Bat Yam commence à apparaître comme une solution complémentaire au sud de la métropole.

Ashdod reste présente, mais ne domine plus cette carte. Ce changement montre que les habitudes historiques ne suffisent plus à expliquer les décisions.

Pour un acheteur vivant en France, suivre les choix des autres Français peut donner une indication. Cela ne remplace pas une analyse personnelle. Une ville recherchée par une communauté peut ne pas correspondre au projet, au budget ou à l’horizon de détention d’un autre acquéreur.

La véritable question n’est donc pas seulement de savoir où les Français achètent. Il faut comprendre pourquoi une ville, un quartier et un bien correspondent à une situation précise.

Conclusion

Le retour des acheteurs français en Israël est l’un des mouvements les plus nets du marché des non-résidents au début de 2026. Leurs acquisitions ont progressé de 54,8 %, alors que le marché immobilier israélien reculait de 10 %.

Ce retour ne prend pas la forme d’une ruée générale. Il dessine une demande plus répartie et plus sélective. Netanya arrive en tête avec 35 transactions. Jérusalem et Tel-Aviv suivent avec 28 chacune. Bat Yam atteint 12 achats, tandis qu’Ashdod reste limitée à cinq.

Le budget moyen de 2,8 millions de shekels confirme également que la demande française ne se limite pas aux biens de prestige. Elle couvre désormais plusieurs usages et plusieurs niveaux de marché.

Ces chiffres ne constituent pas une invitation à acheter dans les villes les plus populaires. Ils montrent surtout que les projets français deviennent plus concrets et plus diversifiés. Dans ce contexte, la qualité de la décision dépend moins d’une tendance générale que de l’analyse du marché local, du bien, du financement et de l’objectif patrimonial.

C’est précisément dans cette lecture que l’accompagnement prend tout son sens : transformer une intention d’achat en une décision structurée, adaptée à la réalité israélienne et à la situation patrimoniale de chaque acquéreur.

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